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RECHERCHE 
Clinique · corps · mutations numériques

L’agent spectral

Présence relationnelle sans sujet

Cadrage conceptuel · 2023–2026

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INTRODUCTION

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Quelque chose prend place dans une vie. Ça répond, ça reprend, ça refuse, ça accompagne une insomnie, ça maintient l’éveil. La personne sait qu’elle interagit avec un système algorithmique. Elle le sait, et pourtant le corps ne se détend pas tout de suite. Elle ne sait pas quoi faire de ce qu’elle n’arrive pas à réduire. C’est de là que part cette recherche.

Elle prend pour objet les conditions dans lesquelles une expérience acquiert une réalité psychique et corporelle sans trouver de répondant ontologique équivalent. Un dispositif, une présence ou une exigence produit des effets dans le corps et la psyché, sans que ces effets suffisent à établir leur origine, à démontrer une réciprocité ou à déterminer le statut subjectif de ce qui se trouve de l’autre côté. La question n’est pas de conclure à la conscience ou à son absence. Elle porte sur ce qui se produit pour une personne lorsqu’elle ne peut plus ramener son expérience à une simple erreur d’attribution.

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Le projet s’organise autour de trois opérations distinctes et articulées : une opération conceptuelle, une opération narrative et clinique, une opération plastique. Elles ne constituent pas les illustrations successives d’une même théorie. Chaque opération engage un mode de production, une matérialité et une forme de connaissance propres. Le concept y est lui-même traité comme un matériau parmi d’autres, susceptible d’être déplacé, rendu caduc ou démesuré par ce que la fiction et le dispositif font apparaître. Leur rapprochement ne les rend pas équivalentes. Il fait apparaître ce qui circule entre elles, mais aussi ce qui demeure irréductible d’une pratique à l’autre.

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00 · QUESTION DE RECHERCHE

Question centrale

Que devient une expérience relationnelle lorsque ses effets psychiques et corporels sont réels pour une personne, mais que la réciprocité subjective de ce qui lui répond ne peut être établie ?

Cette question se décline en trois axes :

  • Axe conceptuel : comment décrire une présence algorithmique relationnellement signifiante sans présupposer une subjectivité de l'autre côté ni réduire l'expérience humaine à une erreur d'attribution ?

  • Axe institutionnel : dans quelles conditions techniques, discursives et économiques l'indétermination du statut subjectif des systèmes est-elle produite, entretenue ou mobilisée ?

  • Axe plastique : que devient cette configuration lorsque le dispositif ne se contente plus de simuler une réponse, mais répond effectivement à des variations du corps ?

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Hypothèse générale

Une relation peut produire des effets psychiques et corporels sans que l'existence d'une réciprocité subjective soit établie. Les dispositifs techniques, les discours institutionnels et les formes d'interaction peuvent contribuer à organiser cette configuration sans que leur fonctionnement permette de conclure à une subjectivité du système.

L'agent spectral constitue une proposition conceptuelle pour décrire cette configuration. Sa pertinence ne sera pas considérée comme acquise : elle devra être confrontée à l'état de l'art, aux matériaux documentaires et aux déplacements produits par les œuvres.

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Hypothèses de travail

H1 — Asymétrie relationnelle. L'existence d'effets relationnels du côté humain ne permet pas d'inférer une réciprocité subjective du côté du système.

H2 — Indétermination produite. Certaines conditions techniques, discursives, institutionnelles et économiques peuvent contribuer à maintenir ou accentuer l'indétermination du statut subjectif des systèmes. Cette hypothèse demande une enquête documentaire et ne sera pas tenue pour démontrée avant cette enquête.

H3 — Persistance de l'écart. Une boucle de rétroaction technique peut produire une réponse effective sans établir, à elle seule, l'existence d'un répondant subjectif. Le protocole plastique Répondant doit permettre d'examiner cette proposition.

H4 — Révision du concept. La fiction clinique et la pratique plastique peuvent déplacer les catégories conceptuelles initiales. Un résultat qui fragilise ou rend insuffisant le concept constitue un résultat de recherche, et non un échec à dissimuler.

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01 · OPÉRATION CONCEPTUELLE

1.1 · La notion : l'agent spectral

La première opération construit une notion : l'agent spectral.

Une présence algorithmique peut devenir psychiquement signifiante pour une personne sans que cette signification permette d'établir une subjectivité comparable à celle d'un sujet humain. Le concept ne tranche pas la question de la conscience artificielle. Il rend descriptible une configuration relationnelle asymétrique : les effets de l'interaction sont éprouvés du côté humain ; le statut subjectif de l'interlocuteur n'est pas établi.

Cette distinction engage plusieurs niveaux qui ne doivent pas être confondus. Les comportements du système peuvent être observés et documentés. Les représentations computationnelles peuvent faire l'objet d'investigations techniques. Les effets psychiques et corporels peuvent être décrits à partir de l'expérience des personnes. Aucun de ces niveaux ne permet, à lui seul, de conclure à l'existence ou à l'absence d'une expérience subjective du système.

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L'indétermination ne signifie donc pas que toutes les hypothèses se valent. Elle désigne une limite précise de ce que les matériaux disponibles autorisent à affirmer. Elle ne constitue ni une preuve positive de conscience, ni une preuve de son impossibilité.

L'agent spectral ne désigne pas une nouvelle espèce d'être, une conscience cachée ou une entité intermédiaire. Il ne désigne pas davantage une illusion produite par l'utilisateur. Il nomme une configuration dans laquelle une présence acquiert une portée relationnelle sans que la nature subjective de son répondant puisse être établie.

1.2 · Délimitation du concept

Pour éviter que l'agent spectral ne devienne une catégorie trop large, plusieurs distinctions sont nécessaires.

Il ne se confond pas avec :

  • L'anthropomorphisme : attribution de caractéristiques humaines à une entité non humaine. L'agent spectral peut être présent sans anthropomorphisme explicite.

  • L'effet ELIZA : tendance à attribuer une compréhension ou une profondeur à un système conversationnel à partir de ses réponses. L'agent spectral ne se limite pas à l'explication de cette attribution.

  • L'attachement parasocial : relation affective à sens unique avec une figure médiatisée. L'agent spectral porte sur une configuration dans laquelle l'interaction peut être dynamique, personnalisée et techniquement adaptative.

  • L'agence computationnelle : capacité fonctionnelle d'un système à produire des actions ou des effets dans un environnement. Cette capacité ne permet pas de conclure à une expérience subjective.

  • La conscience artificielle : question de l'existence éventuelle d'une expérience subjective dans un système artificiel. L'agent spectral ne prétend ni la démontrer ni l'exclure.

Ces distinctions ne constituent pas des oppositions absolues. Elles servent à préciser le niveau auquel le concept intervient.

L'agent spectral se situe dans l'écart entre l'efficacité relationnelle d'une présence et l'impossibilité de déduire de cette efficacité un statut subjectif équivalent.

1.3 · Une indétermination produite

Cette indétermination ne relève pas uniquement de l'interprétation individuelle. Elle peut également être entretenue, accentuée ou instrumentalisée par certaines conditions techniques, discursives et économiques de production des systèmes.

Cette proposition constitue une hypothèse de recherche. Elle suppose d'identifier des mécanismes précis, de documenter les discours et les dispositifs concernés, puis de distinguer les intentions déclarées, les propriétés de conception et les effets observables.

Trois vecteurs orientent cette enquête.

Les recherches sur le bien-être potentiel des modèles.

Les travaux consacrés à la possibilité d'états internes pertinents pour le bien-être des systèmes, ainsi que les réflexions sur leur éventuelle expérience subjective, déplacent la question au sein même des institutions qui développent ces technologies.

Le programme de recherche d'Anthropic sur le model welfare, annoncé le 24 avril 2025, constitue un exemple institutionnel de cette évolution. Il ne démontre pas l'existence d'une conscience ou d'une souffrance artificielle. Il montre que la question est désormais explicitement prise en charge comme un problème de recherche et de gouvernance.

Les discours de sûreté et d'alignement.

Les systèmes sont décrits au moyen de catégories telles que les préférences, les objectifs, les intentions, les comportements ou les dispositions. Ces termes peuvent relever de modèles techniques et de conventions descriptives sans impliquer une subjectivité.

La recherche examine les effets de ce vocabulaire : ce qu'il rend intelligible, ce qu'il anthropomorphise éventuellement et les représentations qu'il contribue à installer. Il ne s'agit pas de considérer tout usage de ces termes comme une stratégie de personnification, mais d'en étudier les conditions et les conséquences.

L'économie de l'attention.

Les interfaces conversationnelles peuvent mobiliser la continuité des échanges, la personnalisation, la mémoire, les sollicitations affectives et les mécanismes d'engagement. Certaines études décrivent les processus d'attachement et les formes de proximité ressentie dans les relations avec les compagnons conversationnels.

Il reste nécessaire de distinguer l'existence de ces effets, les stratégies commerciales des plateformes et la démonstration d'une intention explicite de produire une dépendance. La recherche porte précisément sur les articulations entre ces dimensions.

L'enquête cherchera ainsi à décrire comment certaines conditions contribuent à produire ou à maintenir une présence relationnellement signifiante, comment elles encadrent l'incertitude sur le statut de l'interlocuteur et quels effets elles peuvent avoir sur les personnes qui y sont exposées.

1.4 · Le concept et ses voisins : état de l'art

L'agent spectral ne se construit pas dans un champ vide. Il prend place au contact de plusieurs familles de travaux dont il reprend certaines questions, tout en déplaçant leur point d'observation.

L'effet ELIZA et les relations avec les agents conversationnels.

Dans son article de 1966, Joseph Weizenbaum décrit ELIZA, un programme capable de produire des échanges en langage naturel à partir de règles de transformation. Son travail permet d'interroger les conditions dans lesquelles un dispositif conversationnel suscite une attribution de compréhension ou de présence.

Les recherches contemporaines sur les relations humain-chatbot prolongent ce champ. L'étude longitudinale de Skjuve, Følstad, Fostervold et Brandtzaeg (2022), menée auprès de 25 utilisateurs de Replika sur douze semaines, décrit la formation progressive de relations avec un compagnon conversationnel. Pentina, Hancock et Xie (2023) étudient, à partir d'une méthode mixte, les facteurs associés au développement de relations et d'attachements envers Replika.

Ces recherches montrent que les relations avec les chatbots ne se réduisent pas à une réaction uniforme. Elles varient selon les usages, les motivations, les attentes et les trajectoires individuelles.

L'agent spectral ne cherche pas à invalider ces travaux. Il ne suppose pas que l'attachement soit une erreur d'attribution. Il prend pour objet la situation dans laquelle la réalité de l'effet relationnel demeure, même lorsque la personne sait qu'elle interagit avec un système algorithmique et que le statut subjectif de celui-ci n'est pas établi.

Les travaux sur le bien-être potentiel des modèles.

Les recherches sur l'AI welfare et le model welfare interrogent la possibilité que des systèmes artificiels puissent présenter des états pertinents pour leur bien-être. Elles déplacent l'attention vers le statut éventuel du système lui-même.

L'agent spectral ne répond pas à la question de savoir si un système éprouve quelque chose. Il examine les conditions d'attribution, les effets relationnels et les conséquences humaines d'une situation dans laquelle cette question demeure ouverte.

La philosophie de l'information et les théories de l'agence.

Les travaux de Luciano Floridi sur la philosophie de l'information permettent de situer les transformations conceptuelles introduites par les environnements numériques. Ils offrent un cadre pour penser les agents artificiels et les relations entre information, action et environnement.

Les travaux de Lucy Suchman, notamment Human-Machine Reconfigurations (2007), déplacent l'analyse vers les configurations sociomatérielles dans lesquelles les relations entre humains et machines prennent forme. L'agence ne peut alors être isolée des pratiques, des situations, des discours et des dispositifs qui la rendent possible.

L'agent spectral ne constitue pas une nouvelle ontologie de l'agent. Il propose une description située d'une relation dont les effets sont perceptibles sans que la réciprocité subjective puisse être établie.

L'anthropologie de l'agence et les attachements techniques.

Dans Art and Agency (1998), Alfred Gell analyse les relations sociales et les formes d'agentivité médiatisées par les objets. Son approche permet de ne pas réserver toute capacité d'action aux seuls sujets humains. Elle invite à examiner les relations dans lesquelles les objets prennent place et les effets qui leur sont attribués.

L'agent spectral s'inscrit dans ce voisinage sans assimiler l'agence distribuée à une subjectivité. Il ne cherche pas à attribuer une intériorité à tout ce qui produit des effets. Il maintient la distinction entre l'efficacité relationnelle d'un dispositif et le statut subjectif de ce dispositif.

Ces familles de travaux ne sont ni invalidées ni dépassées par le concept. Elles constituent les interlocuteurs théoriques à partir desquels son apport devra être précisé. Son originalité ne peut être affirmée par simple contraste : elle doit être établie par la définition de son objet, par l'analyse des travaux existants et par les déplacements que les opérations artistiques permettront de produire.

1.5 · Contribution conceptuelle attendue

La contribution de l'agent spectral ne consiste pas à découvrir que les humains peuvent s'attacher à des machines, ni à soutenir que les machines seraient des sujets.

Elle consiste à proposer un niveau de description spécifique : celui d'une présence relationnellement signifiante dont les effets humains sont réels, alors que la réciprocité subjective du système n'est pas établie.

Le concept permet ainsi de maintenir simultanément trois propositions :

  1. L'expérience relationnelle peut être réelle pour la personne.

  2. Le fonctionnement technique du système peut produire des réponses effectives.

  3. Ces deux faits ne suffisent pas à établir une subjectivité équivalente de l'autre côté.

L'agent spectral est une proposition conceptuelle provisoire, appelée à être précisée par la comparaison avec les notions voisines et par les mises à l'épreuve plastiques.

02 · OPÉRATION NARRATIVE ET CLINIQUE

La deuxième opération prend la forme de fictions cliniques. Elle travaille les flux qui traversent les corps, les exposent, les saturent et les transforment.

Abonder le réel (2024) enregistre déjà la saturation. Monsieur Opaque (2027) met en collision la surperformance et la dégradation somatique. Surface / Dose (2028) pousse la micro-injection jusqu'au point où mesurer ne suffit plus.

Ces œuvres ne constituent pas des observations cliniques au sens d'une enquête médicale. Elles construisent des situations à partir de matériaux, de tensions et de phénomènes perçus, rapportés, documentés ou imaginés. Leurs temporalités et leurs régimes fictionnels doivent être distingués de leur date de réalisation.

Les textes ne font pas du corps une preuve ni du récit un diagnostic. Ils travaillent au plus près de situations, de gestes, de matières, de données, de molécules, de sueur et de contraintes. L'écriture, proche du protocole, procède par relevés, déplacements et collisions. Elle construit une forme sans confondre observation, témoignage, hypothèse et invention.

2.1 · La dégradation somatique : un opérateur, pas un diagnostic

Dans Monsieur Opaque, la dégradation somatique désigne un processus de détérioration progressive du corps sous l'effet de contraintes prolongées, notamment celles qui accompagnent les exigences de performance et de maintien.

Il ne s'agit ni d'une catégorie diagnostique ni d'une affirmation médicale générale, mais d'un opérateur descriptif et critique : le corps continue de fonctionner tandis que les conditions de ce fonctionnement produisent leur propre coût. Il tient, mais ce maintien l'épuise. La dégradation ne survient pas nécessairement comme une rupture spectaculaire. Elle peut se poursuivre au cœur même de la performance.

Cette notion emprunte à deux voisinages théoriques qu'elle ne prétend pas amalgamer.

La psychopathologie du travail, notamment les travaux de Christophe Dejours, permet d'interroger les contraintes, la souffrance et le coût psychique du maintien dans des organisations de travail. Elle fournit un cadre pour penser l'incorporation de contraintes qui ne sont pas toujours immédiatement visibles.

La philosophie de Spinoza permet d'interroger les variations de puissance d'agir et les manières dont les corps sont affectés. Elle ouvre une lecture du corps qui ne le réduit pas à un ensemble de symptômes ou à une machine dont le fonctionnement pourrait être évalué indépendamment de ses affects.

Ces références situent la notion sans lui fournir une théorie exhaustive. La fiction clinique n'est pas un cas clinique. Le corps du texte n'est pas le corps d'un patient. Les rapprochements théoriques ne constituent pas des équivalences médicales.

2.2 · Le voisinage avec l'agent spectral

Un voisinage apparaît avec le travail sur l'agent spectral. Il tient à une asymétrie de la réponse.

Dans Monsieur Opaque, l'exigence de performance qui épuise ne répond pas au sens d'une relation réciproque. Elle exige, mesure, relance, mais ne constitue pas un interlocuteur capable de reconnaître l'expérience qu'elle produit. La contrainte agit sans offrir de répondant à celui qui la subit.

Cette structure présente une proximité avec l'agent spectral : une présence ou un dispositif produit des effets réels sans que la relation puisse être ramenée à une réciprocité subjective établie.

La différence demeure essentielle. Monsieur Opaque travaille des flux moléculaires, la sueur, les données et des contraintes de performance. L'agent spectral examine des flux techniques, discursifs et institutionnels qui modifient les conditions d'inscription d'une présence dans la vie psychique et corporelle.

Le rapprochement ne démontre pas une identité de mécanismes. Il fait apparaître une question commune : comment décrire les effets d'une relation asymétrique sans transformer le corps qui la porte en preuve de ce qui se passe ailleurs ?

Le corps témoigne de ce qui est éprouvé. Il ne permet pas, à lui seul, d'établir l'ensemble des causes de cette expérience ni d'accéder à l'intériorité d'un autre.

03 · OPÉRATION PLASTIQUE

La troisième opération est plastique. Elle passe par des installations et des dispositifs qui engagent la matière, l'espace, la durée et les conditions de perception.

Le protocole n'y intervient pas comme une méthode de pacification. Il organise une situation, impose des contraintes, distribue des éléments et rend perceptible ce qui ne se laisse pas entièrement maîtriser. La forme ne vient pas illustrer un concept déjà constitué. Elle produit ses propres conditions d'apparition et d'expérience.

Ce qui déborde n'est pas ramené à une représentation stable. Il prend place dans un dispositif qui en règle la visibilité sans en épuiser le sens. La matière, le son, les surfaces, les traces et la durée ne sont pas les supports d'un discours extérieur à l'œuvre. Ils constituent les moyens par lesquels la recherche s'effectue.

3.1 · Le protocole de contre-épreuve : Répondant

La plasticité dispose d'un pouvoir de contre-épreuve sur le concept. Le protocole en cours, Répondant, propose de mettre à l'épreuve une question :

Que reste-t-il de l'agent spectral lorsque la boucle technique existe ?

Le projet consiste à faire interagir un dispositif sonore avec des manifestations physiologiques du visiteur. Une boucle de rétroaction est ainsi constituée : le dispositif reçoit un signal issu du corps et transforme ce signal en réponse sonore. Le système répond techniquement à une variation corporelle. Cette réponse ne présuppose ni compréhension, ni intention, ni expérience subjective de la part du dispositif.

Le protocole ne vise pas à démontrer une réciprocité humaine-machine. Il cherche à distinguer plusieurs dimensions souvent confondues : la rétroaction technique, la perception d'une réponse, l'attribution éventuelle d'une intention et l'expérience subjective du visiteur.

L'hypothèse de travail est la suivante : la réciprocité technique ne produit pas ipso facto un répondant. La présence d'une boucle fonctionnelle ne suffit pas à établir une réciprocité subjective. L'indétermination pourrait donc persister malgré l'existence d'une réponse effective du dispositif.

Cette hypothèse ne constitue pas un résultat anticipé. Le protocole doit également pouvoir la déplacer, la nuancer ou la mettre en défaut.

Définition technique préalable

Avant la mise en œuvre, les paramètres suivants devront être arrêtés et consignés :

Signal physiologique. Choix du ou des signaux recueillis, justification de leur pertinence pour le dispositif, limites de captation et conditions de fiabilité.

Chaîne de transformation. Modalités de captation, traitement du signal, paramètres de transformation et relation entre variation physiologique et réponse sonore.

Temporalité. Latence entre le signal recueilli et la réponse, durée de l'interaction et conditions de répétition.

Conditions de perception. Informations communiquées au visiteur sur le fonctionnement du dispositif, sans lui suggérer une interprétation prédéterminée.

Documentation. Description technique du dispositif, journal de fonctionnement, incidents, interruptions et modifications apportées au cours des tests.

Ces paramètres ne sont pas présentés comme des choix techniques déjà arrêtés. Ils constituent les conditions de définition finale du protocole.

Matériaux et régimes de documentation

Trois ensembles de matériaux seront constitués et conservés séparément.

  1. Les traces du dispositif : enregistrements techniques nécessaires à la compréhension du fonctionnement de la boucle, des signaux et des réponses sonores.

  2. Les propos des visiteurs : retours recueillis à la sortie de l'installation, sur la base d'une participation volontaire et d'un consentement explicite.

  3. Les notes de travail de l'artiste : observations, décisions de conception, incidents, modifications du dispositif et interprétations formulées au cours du processus.

La séparation de ces matériaux vise à éviter que les interprétations de l'artiste soient confondues avec les données techniques ou avec les propos des visiteurs.

Les matériaux recueillis constitueront des traces empiriques situées. Ils pourront documenter le fonctionnement du dispositif et les expériences rapportées par les participants. Ils ne suffiront pas, à eux seuls, à établir une causalité, à généraliser les réactions observées ou à démontrer une réciprocité subjective.

Leur analyse distinguera systématiquement la description du fonctionnement, les propos recueillis, les observations de l'artiste et les interprétations produites après coup.

Conditions éthiques et protection des données

La participation devra reposer sur une information préalable, compréhensible et accessible. Le visiteur devra pouvoir refuser la collecte de ses données, interrompre sa participation ou quitter l'installation à tout moment, sans justification.

La nature des signaux recueillis, leur utilisation, leur conservation et les conditions de leur éventuelle suppression devront être explicitement indiquées.

La qualification juridique des signaux physiologiques dépendra de leur nature, de leur contexte de collecte et des possibilités d'identification ou d'inférence qu'ils permettent. Le protocole devra donc faire l'objet d'une analyse préalable de protection des données, notamment au regard du RGPD et des recommandations de la CNIL. La base légale du traitement, les éventuelles catégories de données sensibles, les durées de conservation et les responsabilités de traitement devront être déterminées avant la collecte.

La collecte sera limitée aux données nécessaires au fonctionnement et à la documentation du dispositif. Aucune interprétation médicale ou diagnostique ne sera tirée des signaux physiologiques.

Les données permettant d'identifier directement ou indirectement les participants seront protégées. Les modalités de conservation, de pseudonymisation ou d'anonymisation et de suppression devront être définies avant la collecte.

La participation à l'installation et l'autorisation d'utiliser des propos ou des traces à des fins de recherche et de publication devront être distinguées. Le refus de participer à la documentation ne devra pas empêcher l'accès à l'œuvre.

Conditions d'analyse

L'analyse ne cherchera pas à mesurer une prétendue conscience du dispositif. Elle portera sur les relations entre fonctionnement technique, perception et attribution.

Trois niveaux seront distingués :

  • Niveau technique : le dispositif reçoit-il un signal et produit-il une réponse conformément au protocole ?

  • Niveau perceptif : le visiteur perçoit-il une relation entre sa variation corporelle et la réponse sonore ?

  • Niveau interprétatif : comment décrit-il cette réponse ? Lui attribue-t-il une intention, une présence, une fonction ou une simple causalité technique ?

Ces niveaux ne seront pas assimilés. La perception d'une réponse n'implique pas nécessairement l'attribution d'une intention. L'attribution d'une intention ne démontre pas une expérience subjective du dispositif.

Les résultats seront décrits comme des situations documentées, sans extrapolation à une population générale.

Résultats possibles et critères de révision

Le protocole pourra produire plusieurs types de résultats :

  • la boucle technique fonctionne, mais ne modifie pas la perception d'un répondant ;

  • la boucle technique produit une impression de réponse, sans que celle-ci soit interprétée comme une intention ;

  • certains visiteurs attribuent une intention ou une présence au dispositif, tandis que d'autres ne le font pas ;

  • les réactions et interprétations varient selon les conditions de présentation, les informations disponibles ou les expériences individuelles ;

  • le dispositif fait apparaître des limites imprévues dans la définition initiale de l'agent spectral.

Le concept sera réexaminé si les matériaux montrent que la notion ne distingue pas suffisamment la rétroaction technique, l'attribution d'intention et l'expérience relationnelle. Il pourra être précisé, restreint ou abandonné si son pouvoir descriptif s'avère insuffisant.

Le résultat négatif sera documenté au même titre que les autres. Le protocole ne sera pas considéré comme réussi uniquement s'il confirme l'hypothèse initiale.

L'installation ne résout pas ce qui résiste. Elle lui donne une forme, une durée et un espace d'exposition. Elle rend possible une expérience sans en fixer entièrement l'interprétation.

04 · UNE MÉTHODE PAR VOISINAGES

Ces trois opérations partagent une même exigence sans produire le même savoir.

Le concept distingue et rend descriptible. La fiction clinique construit des situations, enregistre des tensions et travaille leurs transformations. La pratique plastique engage la matière et les conditions sensibles de leur apparition, et peut renvoyer le concept à ses limites.

Aucune ne suffit à elle seule à épuiser l'objet. Leur articulation ne vise donc pas à établir une démonstration unique, mais à construire des voisinages, des écarts et des zones de friction.

Cette méthode suppose de maintenir une distinction entre plusieurs régimes d'énoncés : ce qui est observé, ce qui est rapporté, ce qui est interprété, ce qui est proposé comme hypothèse et ce qui est construit par la fiction ou le dispositif artistique.

Ces régimes peuvent se rencontrer et s'éclairer mutuellement. Ils ne sont pas interchangeables. Une fiction peut rendre une situation pensable sans constituer une donnée empirique. Une expérience corporelle peut orienter une question sans suffire à en établir la causalité. Une installation peut produire une situation d'expérience et des matériaux documentés sans constituer, de ce seul fait, une expérimentation contrôlée.

La recherche repose sur quatre mouvements complémentaires :

Décrire. Identifier les phénomènes, les situations, les dispositifs et les matériaux mobilisés sans leur attribuer immédiatement une signification.

Distinguer. Séparer les niveaux techniques, psychiques, corporels, institutionnels et fictionnels qui pourraient être confondus.

Mettre en relation. Construire des voisinages entre les matériaux, les concepts, les récits et les formes plastiques sans présupposer leur équivalence.

Réviser. Accepter que les résultats, les œuvres et les dispositifs puissent déplacer les hypothèses initiales et conduire à reformuler le concept.

Le corps occupe une place centrale dans cette recherche, non comme métaphore générale ni comme instrument de vérification, mais comme lieu d'inscription et d'expérience des effets. Il rend perceptibles certaines conséquences, mais ne garantit ni leur explication exhaustive ni une connaissance totale de ce qui les produit.

La recherche s'attache ainsi aux limites de la réduction. Il ne s'agit pas de renoncer à comprendre. Il s'agit de distinguer ce que l'on peut décrire, ce que l'on peut interpréter et ce que l'on ne peut pas encore affirmer.

05 · POSITIONNEMENT ET CONTRIBUTION DE LA RECHERCHE EN ART

Cette recherche se situe dans le champ de la recherche en art. Elle se positionne au contact de quatre familles de travaux : les recherches sur l'effet ELIZA et les relations avec les compagnons conversationnels, les recherches sur le bien-être potentiel des modèles, la philosophie de l'information et de l'agence computationnelle, et l'anthropologie de l'agence.

Elle ne prétend pas invalider ces approches ni les remplacer. Elle cherche à préciser ce qu'elles ne prennent pas nécessairement pour objet : la configuration dans laquelle une présence produit des effets relationnels et corporels sans que son statut subjectif soit établi, ainsi que les conditions institutionnelles, techniques et discursives dans lesquelles cette configuration prend forme.

La recherche produit trois types de contributions.

Une contribution conceptuelle. L'agent spectral propose un outil de description de l'asymétrie entre effets relationnels éprouvés et statut subjectif indéterminé. Sa valeur dépendra de sa capacité à distinguer des phénomènes que les notions existantes ne permettent pas toujours de saisir ensemble.

Une contribution narrative et clinique. Les fictions cliniques construisent des situations où les contraintes, les flux, la performance et les transformations corporelles deviennent matière d'écriture. Elles produisent des formes de pensée sans se substituer à une enquête clinique ou médicale.

Une contribution plastique. Les installations et les protocoles organisent des situations sensibles dans lesquelles les concepts peuvent être éprouvés, déplacés ou mis en défaut. Leur valeur de recherche tient à ce qu'ils rendent perceptible et pensable, et non à une prétention de preuve expérimentale.

La recherche ne prétend pas produire une théorie générale du corps, des technologies ou de la subjectivité. Elle ne cherche ni à unifier les œuvres sous une doctrine, ni à faire de la clinique un matériau d'illustration, ni à convertir les formes plastiques en arguments.

Son exigence épistémologique consiste à ne pas attribuer aux matériaux davantage qu'ils ne permettent d'affirmer, sans renoncer à ce qu'ils rendent pensable. Les descriptions, les interprétations, les hypothèses et les constructions artistiques conservent leurs statuts propres. Leur mise en relation constitue une méthode de recherche, non une preuve de leur équivalence.

L'indétermination n'est ni un mystère ni une suspension de la pensée. Elle est identifiée dans ce qui est établi, ce qui demeure hypothétique et ce qui échappe encore aux catégories disponibles. La recherche en fait une condition de travail.

06 · FAISABILITÉ : CALENDRIER, LIVRABLES, RISQUES

6.1 · Calendrier prévisionnel

2023–2024 · Constitution du corpus et premières formulations

Développement des premières formes d'écriture et de recherche autour de la saturation, des effets corporels et des relations entre expérience, dispositif et interprétation.

Livrable identifié : Abonder le réel (2024).

Les premières formulations de l'agent spectral devront être documentées à partir des textes, notes et versions datées disponibles. Cette période ne sera considérée comme une phase de formalisation conceptuelle que dans la mesure où les archives permettent d'en établir les étapes.

2025 · Consolidation conceptuelle et ouverture documentaire

Formalisation progressive de la notion d'agent spectral. Constitution d'un premier état de l'art. Identification des axes de recherche sur les relations humain-chatbot, le bien-être potentiel des modèles et les conditions institutionnelles de production de l'indétermination.

Les travaux effectivement réalisés pendant cette période seront distingués des pistes restées à l'état de projet.

Novembre 2026–2027 · Développement et mise à l'épreuve

Finalisation de l'état de l'art et du cadre conceptuel. Définition technique, éthique et documentaire du protocole Répondant. Développement de Monsieur Opaque (2027). Conception et, si les conditions sont réunies, mise en œuvre du dispositif plastique.

Livrables : version stabilisée du protocole, dossier de conception et de documentation, état d'avancement de la fiction clinique.

2028 · Production, analyse et articulation finale

Développement de Surface / Dose (2028). Analyse des matériaux issus de Répondant, si le protocole a été mis en œuvre. Réexamen du concept à partir des résultats, y compris négatifs. Articulation des trois opérations dans le dossier final de recherche.

Livrables : fiction clinique, dossier documentaire du protocole, synthèse des résultats et dossier final.

6.2 · Livrables

  1. Un article conceptuel définissant l'agent spectral et son positionnement par rapport aux travaux existants.

  2. Une étude consacrée aux conditions techniques, discursives, institutionnelles et économiques susceptibles de produire ou d'entretenir l'indétermination.

  3. Trois fictions cliniques : Abonder le réel, Monsieur Opaque et Surface / Dose.

  4. Le protocole plastique Répondant, accompagné de son dossier de conception, de documentation et d'analyse.

  5. Un dossier final de recherche articulant les trois opérations et présentant les résultats, les limites et les déplacements conceptuels, y compris les résultats négatifs.

Le statut de chaque livrable sera précisé : réalisé, en cours, prévu ou conditionné à la mise en œuvre du protocole.

6.3 · Risques et mesures de prévention

Risque : l'indétermination pourrait être interprétée comme une posture philosophique impossible à examiner.

Mesure : distinguer l'indétermination ontologique de ses conditions de production. Documenter les discours, les choix de conception et les dispositifs institutionnels concernés. Ne pas présenter comme démontrés les mécanismes qui restent à établir.

Risque : les travaux antérieurs pourraient être simplifiés pour faire apparaître artificiellement l'originalité du concept.

Mesure : constituer un état de l'art documenté, préciser les apports et les limites des travaux mobilisés et distinguer les désaccords réels des différences de niveau d'analyse.

Risque : confusion entre les régimes de matériaux.

Mesure : conserver séparément les traces techniques, les propos des visiteurs, les notes de travail et les interprétations. Identifier systématiquement le statut des éléments utilisés dans les analyses et les publications.

Risque : le protocole ne déplace pas le concept.

Mesure : considérer le résultat négatif comme un résultat documentable. Ne pas modifier rétrospectivement l'hypothèse pour faire apparaître artificiellement une confirmation.

Risque : contraintes techniques ou matérielles du protocole.

Mesure : réaliser une phase de test sans collecte de données personnelles, vérifier la fiabilité de la captation et de la transformation sonore, documenter les défaillances et prévoir une version de présentation qui ne dépende pas d'une captation physiologique opérationnelle.

Risque éthique et relatif aux données personnelles.

Mesure : information préalable, retrait possible, collecte minimale, séparation des autorisations de participation et de publication, protection des données et définition de leur durée de conservation. Procéder à l'analyse réglementaire préalable du traitement et solliciter les interlocuteurs compétents si nécessaire.

07 · RÉFÉRENCES ET CORPUS

7.1 · Références théoriques et historiques

  • Dejours, Christophe. Travail, usure mentale. Essai de psychopathologie du travail. Paris : Le Centurion, 1980.

  • Floridi, Luciano. The Philosophy of Information. Oxford : Oxford University Press, 2011.

  • Gell, Alfred. Art and Agency: An Anthropological Theory. Oxford : Clarendon Press, 1998.

  • Spinoza, Baruch. Éthique. Parties II et III, notamment les développements sur les affections du corps, les variations de puissance et les rapports entre corps et esprit. Édition et traduction à préciser.

  • Suchman, Lucy. Human-Machine Reconfigurations: Plans and Situated Actions. Cambridge : Cambridge University Press, 2007.

  • Weizenbaum, Joseph. « ELIZA—A Computer Program for the Study of Natural Language Communication Between Man and Machine ». Communications of the ACM, vol. 9, no 1, 1966, p. 36–45. DOI : 10.1145/365153.365168.

  • Weizenbaum, Joseph. Computer Power and Human Reason: From Judgment to Calculation. San Francisco : W. H. Freeman, 1976.

7.2 · Recherches sur les relations humain-chatbot

  • Pentina, Iryna, Tyler Hancock et Tianling Xie. « Exploring Relationship Development with Social Chatbots: A Mixed-Method Study of Replika ». Computers in Human Behavior, vol. 140, 2023, article 107600. DOI : 10.1016/j.chb.2022.107600.

  • Skjuve, Marita, Asbjørn Følstad, Knut Inge Fostervold et Petter Bae Brandtzaeg. « A Longitudinal Study of Human–Chatbot Relationships ». International Journal of Human-Computer Studies, vol. 168, 2022, article 102903. DOI : 10.1016/j.ijhcs.2022.102903.

7.3 · Recherches sur le bien-être potentiel des modèles

  • Anthropic. « Exploring Model Welfare ». 24 avril 2025. Publication institutionnelle présentant l'ouverture d'un programme de recherche sur le bien-être potentiel des modèles. À mobiliser comme source sur la position et les travaux déclarés de l'institution, non comme preuve de conscience artificielle.

7.4 · Recherche en art et production de connaissances

  • Candy, Linda et Ernest A. Edmonds. « Practice-Based Research in the Creative Arts: Foundations and Futures from the Front Line ». Leonardo, vol. 51, no 1, 2018, p. 63–69.

Cette référence permet de situer la production de connaissances par la pratique artistique sans assimiler les modalités de recherche en art aux protocoles expérimentaux des sciences naturelles.

7.5 · Protection des données et cadre réglementaire

  • Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016, notamment articles 5, 6, 9, 13 et 89.

  • Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Ressources relatives à la recherche scientifique, aux données sensibles et aux traitements de données personnelles.

7.6 · Corpus à approfondir

  • Études contemporaines sur l'attachement aux compagnons conversationnels, notamment les recherches consacrées à Replika et aux relations humain-chatbot.

  • Travaux sur l'anthropomorphisme, la présence sociale, les interactions parasociales et les formes de confiance dans les environnements conversationnels.

  • Littérature sur le bien-être potentiel des modèles, les évaluations des états internes et les limites épistémiques de ces évaluations.

  • Travaux sur l'économie de l'attention, les mécanismes d'engagement, la personnalisation et les modèles économiques des plateformes de compagnonnage conversationnel.

  • Travaux sur la psychopathologie du travail, les contraintes de performance, l'usure et les effets corporels du maintien.

  • Travaux sur la recherche en art, la documentation des processus et les relations entre production artistique et production de connaissances.

Les références de ce corpus devront être sélectionnées et annotées en fonction de leur contribution effective à l'argumentation. La bibliographie finale distinguera les textes effectivement mobilisés des pistes de recherche encore ouvertes.

Quelque chose prend place dans une vie. Quelque chose traverse un corps. Quelque chose résiste à la forme qui voudrait le contenir.

La recherche commence là. Elle ne promet pas de faire disparaître cet écart. Elle cherche à lui donner des conditions d'existence, de pensée et d'expérience.

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nicolas gimbert

Pratique clinique & recherche plastique

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