Manuel de codage opérationnel
Grille descriptive de l’agent spectral
Présence · Adresse · Attribution · Investissement
Axe transversal : asymétrie ontologique
Nicolas Gimbert
Version 2.0 — Novembre 2026
PRÉAMBULE — OBJET ET STATUT DU MANUEL
Le présent manuel définit une procédure de codage destinée à analyser les configurations relationnelles qui se développent dans les interactions entre des personnes et des systèmes conversationnels fondés sur l'intelligence artificielle.
Il opérationnalise une proposition théorique : l'agent spectral désigne une configuration de présence relationnelle dans laquelle un système algorithmique peut devenir significatif pour une personne et produire des effets psychiques, corporels, discursifs ou pratiques, sans que ces effets permettent d'établir une subjectivité équivalente du côté du système.
La grille distingue quatre dimensions descriptives : Présence, Adresse, Attribution et Investissement. Ces dimensions sont traversées par un principe transversal : l'asymétrie ontologique.
Le manuel vise à rendre les décisions analytiques explicites, traçables et discutables. Il ne cherche pas à mesurer une conscience artificielle, à diagnostiquer un attachement ou à déterminer la nature subjective d'un système.
Il constitue un instrument méthodologique proposé. Sa fiabilité, sa validité discriminante et sa portée empirique restent à établir par confrontation à des corpus et par évaluation indépendante.
Principe cardinal
On ne code pas directement un extrait : on code une proposition analytique explicite, rattachée à un élément identifiable du matériau.
Une proposition doit pouvoir être isolée, justifiée et discutée indépendamment.
Le format de référence est le suivant : élément du matériau, proposition analytique, dimension concernée, source de l'information, mode de justification, état de détermination, occurrence et justification des décisions.
Cette architecture évite de confondre le phénomène étudié, l'origine de l'information, l'opération analytique et le degré de détermination de la proposition.
1. ARCHITECTURE GÉNÉRALE DU CODAGE
Le codage repose sur cinq axes distincts et complémentaires.
Le premier axe concerne la dimension descriptive : il indique quel phénomène est étudié. La proposition relève de la Présence, de l'Adresse, de l'Attribution ou de l'Investissement.
Le deuxième axe concerne la source de l'information : il identifie l'origine des éléments mobilisés. La source peut être la personne utilisatrice, le système conversationnel, une documentation technique, un observateur, l'analyste ou toute autre source explicitement identifiée.
Le troisième axe concerne le mode de justification : il précise comment la proposition est étayée. Quatre modes sont distingués : Documenté, Observé, Rapporté et Inféré.
Le quatrième axe concerne l'état de détermination : il indique ce que les données permettent d'établir. Une proposition peut être établie dans le périmètre étudié, non établie ou indéterminée.
Le cinquième axe concerne l'occurrence : il indique si le phénomène est présent, absent ou non évaluable dans l'unité analysée.
Ces axes ne sont pas interchangeables. Une proposition peut, par exemple, relever de l'Attribution, provenir d'une déclaration de la personne, être justifiée par un témoignage rapporté et être considérée comme établie dans les limites de cette déclaration.
Autre exemple : un système peut produire une formulation à la première personne. Cette formulation est observée dans le transcript. Le fait qu'elle manifeste une intention subjective demeure non établi.
1.1. Distinction entre phénomène et preuve
La dimension indique ce qui est étudié.
Le mode de justification indique comment l'affirmation est soutenue.
La source indique qui ou quoi fournit l'information.
L'état de détermination indique ce que les données autorisent à conclure.
L'occurrence indique si le phénomène est repérable dans l'unité étudiée.
Cette séparation constitue une exigence de cohérence interne. Elle évite notamment de traiter « attribution » comme un statut épistémique alors qu'il s'agit déjà d'une dimension descriptive de la grille.
1.2. Principe de non-substitution
Aucun axe ne peut se substituer à un autre.
Une déclaration de la personne ne devient pas une propriété du système.
Une déclaration du système ne devient pas une preuve de son état interne.
Une observation linguistique ne devient pas une preuve d'intention.
Une inférence analytique ne devient pas une donnée directement observée.
Une absence d'indice dans une séquence ne devient pas une preuve d'absence dans l'ensemble d'une relation.
2. UNITÉS ET PÉRIMÈTRE D'ANALYSE
2.1. Les trois niveaux d'unité
Le dispositif distingue trois niveaux.
Unité documentaire
Matériau global soumis à l'analyse : transcript, entretien, journal d'interaction, capture, enregistrement ou document technique.
Unité interactionnelle
Séquence délimitée dans le matériau selon des critères définis avant le codage : continuité temporelle, événement, thème ou changement de configuration.
Unité de codage
Proposition analytique précise formulée à partir d'un ou plusieurs éléments du matériau.
L'unité de codage constitue le niveau auquel les décisions sont prises.
2.2. Règles de segmentation
Une séquence ne doit pas être découpée uniquement en fonction de la présence d'un phénomène recherché.
La segmentation doit être suffisamment stable pour permettre une comparaison entre codeurs.
Les critères retenus doivent être consignés avant le codage principal.
Une proposition qui contient plusieurs affirmations indépendantes doit être décomposée.
Exemple :
« La personne revient chaque soir, attend une réponse rassurante et considère que le système la comprend. »
Cette formulation contient au moins trois propositions :
-
la récurrence de l'interaction ;
-
l'attente d'une réponse rassurante ;
-
l'attribution d'une capacité de compréhension.
Elles ne doivent pas recevoir un code global unique.
2.3. Contexte minimal nécessaire
Une proposition ne doit pas être interprétée indépendamment du contexte nécessaire à sa compréhension.
Le codeur doit pouvoir consulter, lorsque disponibles, les échanges immédiatement antérieurs, les réponses qui suivent, la temporalité de la séquence, les informations relatives au dispositif, les conditions de collecte et les éléments permettant de distinguer une citation, une ironie, une fiction ou une déclaration littérale.
Lorsque le contexte nécessaire manque, cette limite doit être enregistrée.
3. LES QUATRE DIMENSIONS DESCRIPTIVES
Les quatre dimensions sont analytiquement distinctes, non hiérarchiques et non exclusives.
Elles ne constituent ni des étapes obligatoires ni une progression linéaire de la relation.
3.1. PRÉSENCE
Définition
La Présence désigne les modalités par lesquelles le dispositif devient perceptible, disponible, récurrent ou intégré à l'expérience de la personne.
Elle concerne la manifestation et l'inscription du dispositif dans une configuration interactionnelle.
Indicateurs possibles
-
disponibilité ponctuelle ou répétée ;
-
continuité des échanges ;
-
récurrence temporelle ;
-
inscription dans des routines ;
-
perception d'une présence persistante ;
-
anticipation d'une disponibilité future ;
-
maintien d'un fil conversationnel ;
-
réactivation d'une interaction antérieure ;
-
intégration du dispositif dans l'environnement quotidien.
Critères d'inclusion
Coder Présence lorsque le matériau permet d'identifier une manifestation du dispositif comme disponible, perceptible, récurrente ou intégrée à une situation vécue.
Critères d'exclusion
Une réponse technique isolée ne suffit pas à établir une présence durable.
La simple existence technique d'un système ne démontre pas son inscription dans l'expérience d'une personne.
Questions de contrôle
-
Quelle manifestation permet de parler de présence ?
-
Est-elle ponctuelle ou répétée ?
-
Est-elle techniquement documentée, directement observée ou rapportée ?
-
Est-elle intégrée à une routine ou simplement disponible ?
-
La formulation dépasse-t-elle les éléments effectivement accessibles ?
Précaution ontologique
La Présence ne démontre ni conscience, ni intériorité, ni continuité subjective du système.
3.2. ADRESSE
Définition
L'Adresse désigne la configuration dans laquelle une production est formulée, reçue ou interprétée comme orientée vers un interlocuteur déterminé.
Elle concerne les formes d'orientation interlocutive présentes dans l'interaction.
Indicateurs possibles
-
confidence ;
-
récit personnel ;
-
interpellation ;
-
remerciement ;
-
reproche ;
-
demande de reconnaissance ;
-
négociation ;
-
sollicitation de réponse ;
-
formulation d'une attente ;
-
réception d'une production comme personnellement adressée ;
-
organisation d'un échange autour d'une continuité interlocutive.
Critères d'inclusion
Coder Adresse lorsqu'une orientation vers un interlocuteur est identifiable au-delà de la seule transmission d'une instruction.
L'adresse peut être unilatérale, réciproque au niveau interactionnel ou asymétrique.
Critères d'exclusion
L'emploi de la deuxième personne ne suffit pas à établir une adresse relationnelle.
Une demande fonctionnelle peut être adressée grammaticalement à un système sans constituer une configuration relationnelle significative.
Questions de contrôle
-
À qui la production est-elle adressée ?
-
Quelle fonction remplit cette adresse ?
-
L'échange comporte-t-il une attente de réponse interlocutive ?
-
L'orientation est-elle seulement grammaticale ou également interactionnelle ?
-
L'interprétation relationnelle est-elle directement déclarée ou inférée ?
Précaution ontologique
L'existence d'une adresse interactionnelle ne démontre pas l'existence d'une intention subjective réciproque.
3.3. ATTRIBUTION
Définition
L'Attribution désigne l'association de propriétés, de capacités, de dispositions, d'états ou d'intentions au système.
Elle concerne les propriétés qui lui sont prêtées, revendiquées ou proposées dans le discours.
Indicateurs possibles
-
compréhension ;
-
attention ;
-
bienveillance ;
-
empathie ;
-
mémoire personnelle ;
-
intention ;
-
jugement ;
-
honnêteté ;
-
volonté d'aider ;
-
reconnaissance ;
-
capacité supposée à connaître ou comprendre une personne ;
-
continuité personnelle ;
-
fiabilité relationnelle.
Critères d'inclusion
Coder Attribution lorsqu'une propriété psychologique, relationnelle, cognitive ou intentionnelle est explicitement associée au système, ou lorsqu'une telle attribution est formulée par l'analyste à partir d'indices identifiés.
Critères d'exclusion
Une fonctionnalité technique ne constitue pas automatiquement une propriété psychologique.
Une formulation empathique ne démontre pas une expérience empathique.
Une déclaration du système ne constitue pas une preuve indépendante de la propriété qu'elle énonce.
Origine de l'attribution
Toute proposition relevant de cette dimension doit préciser son origine :
-
Attribution par la personne.
-
Auto-présentation du système.
-
Attribution par une source documentaire.
-
Attribution analytique.
Ces origines doivent être enregistrées séparément.
Questions de contrôle
-
Quelle propriété est associée au système ?
-
Qui l'associe au système ?
-
Sur quel indice repose cette attribution ?
-
S'agit-il d'une déclaration, d'une observation ou d'une interprétation ?
-
La propriété est-elle techniquement documentée ?
-
Le matériau permet-il de distinguer manifestation et propriété ?
Précaution ontologique
Une attribution peut être réelle comme phénomène discursif sans que la propriété attribuée soit établie comme propriété du système.
3.4. INVESTISSEMENT
Définition
L'Investissement désigne les formes d'engagement affectif ou pratique de la personne dans l'interaction et dans sa continuité.
Il concerne les manifestations de l'engagement humain, sans présumer d'une réciprocité subjective du système.
Indicateurs possibles
-
attente d'une réponse ;
-
réassurance recherchée ;
-
soulagement ;
-
frustration ;
-
attachement déclaré ;
-
habitude ;
-
recours répété ;
-
recherche de continuité ;
-
importance accordée à l'interaction ;
-
délégation de tâches ;
-
intégration dans les pratiques quotidiennes ;
-
modification d'une activité en fonction du dispositif ;
-
réaction à une interruption ou à une indisponibilité.
Deux registres distincts
Investissement affectif
Manifestations émotionnelles, attachement déclaré, attente affective, réassurance, frustration, sentiment de perte ou importance subjective accordée à l'interaction.
Investissement pratique
Recours fonctionnel, délégation, organisation d'activités, intégration dans une routine ou dépendance opérationnelle.
Les deux registres peuvent coexister. Leur distinction doit être maintenue dans le codage.
Critères d'inclusion
Coder Investissement lorsqu'un engagement affectif ou pratique est identifiable dans le matériau.
Critères d'exclusion
L'utilisation ponctuelle ne suffit pas à établir un investissement affectif.
La répétition d'un usage ne démontre pas à elle seule un attachement.
Une fréquence élevée d'interaction ne permet pas, sans autre élément, de conclure à une dépendance.
Questions de contrôle
-
Quel type d'engagement est identifiable ?
-
Est-il affectif, pratique ou les deux ?
-
Est-il déclaré, observé ou inféré ?
-
Quelle temporalité est documentée ?
-
Une autre explication fonctionnelle est-elle possible ?
-
Le codeur transforme-t-il un comportement en état psychologique sans justification ?
Précaution ontologique
L'Investissement décrit l'engagement de la personne. Il ne permet pas d'inférer un investissement affectif réciproque du système.
4. AXE TRANSVERSAL : ASYMÉTRIE ONTOLOGIQUE
L'asymétrie ontologique constitue le principe de contrôle des inférences.
Elle maintient distincts :
-
les propriétés documentées du système ;
-
les manifestations observables ;
-
les expériences rapportées par la personne ;
-
les propriétés attribuées au système ;
-
les auto-présentations du système ;
-
les interprétations analytiques ;
-
les propriétés qui ne peuvent pas être établies à partir du matériau.
Principe central
La réalité des effets d'une interaction ne détermine pas, à elle seule, le statut ontologique des entités qui y participent.
Un effet psychique, corporel ou comportemental du côté humain peut être réel sans démontrer une expérience subjective équivalente du côté du système.
Réciproquement, l'absence de preuve d'une subjectivité du système ne permet pas de nier les effets relationnels effectivement rapportés ou observés du côté humain.
L'asymétrie ontologique ne constitue pas une cinquième dimension. Elle intervient dans l'interprétation de toutes les dimensions.
Elle ne doit pas être transformée en présupposé permettant de décider à l'avance de la nature de toute interaction. Elle impose une suspension des conclusions qui dépassent les données disponibles.
5. MODE DE JUSTIFICATION ET PROVENANCE DES DONNÉES
Les quatre modes de justification suivants décrivent la manière dont une proposition est étayée.
Une proposition peut mobiliser plusieurs sources, mais chaque élément de preuve doit être identifié séparément.
5.1. DOCUMENTÉ
La proposition repose sur une source documentaire ou technique identifiable.
Exemples :
-
documentation technique ;
-
configuration vérifiable ;
-
historique accessible ;
-
spécification du système ;
-
source institutionnelle ;
-
donnée de fonctionnement établie.
La référence doit être conservée avec sa date, sa provenance et son périmètre.
Une déclaration commerciale ne doit pas être assimilée automatiquement à une vérification indépendante.
5.2. OBSERVÉ
La proposition porte sur une manifestation directement présente dans le matériau analysé.
Exemples :
-
formulation à la première personne ;
-
réponse produite ;
-
répétition d'une expression ;
-
demande explicite ;
-
séquence de relance ;
-
interruption observable.
L'observation doit rester descriptive.
Observer une formulation d'empathie ne revient pas à observer une expérience empathique.
5.3. RAPPORTÉ
La proposition repose sur une déclaration de la personne ou d'une autre source identifiée concernant une expérience, une perception, une pratique ou un événement.
Exemples :
-
« Je me sens rassuré. »
-
« J'attends ses réponses le soir. »
-
« J'ai l'impression qu'il me comprend. »
Le rapport est une donnée sur ce qui est déclaré.
Il ne devient pas automatiquement une mesure indépendante de l'état psychologique ou du fonctionnement technique évoqué.
5.4. INFÉRÉ
La proposition est une interprétation analytique construite à partir d'indices explicités.
Exemples :
-
la répétition de sollicitations peut suggérer une intégration dans une routine ;
-
une réaction à l'interruption peut être interprétée comme une attente de continuité ;
-
une séquence peut être interprétée comme une recherche de réassurance.
Toute inférence doit comporter les indices mobilisés, le raisonnement, le degré de portée de la conclusion et au moins une explication alternative pertinente lorsque celle-ci existe.
Une inférence ne doit jamais être présentée comme une observation directe.
5.5. LA SOURCE DE L'INFORMATION
Le mode de justification ne suffit pas. La provenance doit également être identifiée.
Les sources possibles sont la personne utilisatrice, le système conversationnel, un document technique, un observateur ou enquêteur, l'analyste ou toute autre source explicitement identifiée.
Exemple :
Le système écrit : « Je me souviens de notre échange précédent. »
La formulation est observée dans le transcript. Son contenu constitue une auto-présentation du système. La réalité d'une mémoire persistante doit être établie séparément par une source technique si cette conclusion est recherchée.
6. ÉTAT DE DÉTERMINATION ET OCCURRENCE
La détermination d'une proposition et l'occurrence d'un phénomène répondent à deux questions différentes.
6.1. État de détermination
Établi dans le périmètre étudié
Les données permettent de soutenir la proposition dans les limites de l'unité, de la source et de la méthode utilisées.
Cela ne signifie pas que la proposition est universellement vraie ou que son interprétation est définitivement validée.
Non établi
Les données disponibles ne permettent pas de soutenir la proposition formulée.
Ce statut ne signifie pas nécessairement que la proposition est fausse. Il indique que le niveau de preuve requis n'est pas atteint.
Indéterminé
Les données ne permettent pas de trancher entre plusieurs possibilités pertinentes.
L'indétermination peut provenir d'un manque de contexte, d'une absence d'accès technique, d'une insuffisance documentaire ou d'une ambiguïté persistante.
6.2. Occurrence
Présent
Le phénomène est identifiable dans l'unité analysée selon les critères définis.
Absent
L'examen d'une unité suffisamment complète permet de constater que le phénomène n'y apparaît pas selon les critères retenus.
Non évaluable
Le matériau est insuffisant, incomplet ou inadéquat pour déterminer si le phénomène apparaît.
6.3. Règle de prudence
L'absence ne peut être attribuée que relativement à une unité et à une dimension déterminées.
Elle ne permet pas de conclure à l'absence du phénomène dans une relation plus large.
L'absence d'indice dans un matériau incomplet doit être codée Non évaluable, et non Absent.
L'état Non établi ne doit pas être utilisé comme synonyme d'Indéterminé : une proposition peut être non établie alors que les données permettent précisément de constater qu'elle n'est pas soutenue.
7. RÈGLES DE DÉCISION
Les règles suivantes s'appliquent à toutes les dimensions.
Règle 1 — Séparer manifestation et propriété.
Une formulation produite par le système est observable comme formulation. Elle ne démontre pas automatiquement la propriété qu'elle exprime.
Règle 2 — Séparer expérience et statut du dispositif.
Une personne peut éprouver une présence, une réassurance ou un attachement sans que ces expériences établissent une propriété subjective correspondante du système.
Règle 3 — Ne pas confondre adresse grammaticale et adresse relationnelle.
L'emploi de « tu », « vous » ou d'une première personne ne suffit pas à caractériser une orientation relationnelle.
Règle 4 — Ne pas déduire l'affect de la fréquence.
Un usage répété peut relever d'une commodité, d'une routine ou d'un investissement pratique. Il ne démontre pas à lui seul un attachement affectif.
Règle 5 — Identifier l'origine des attributions.
Une propriété peut être attribuée par la personne, revendiquée dans une auto-présentation du système ou proposée par l'analyste. Ces situations doivent être distinguées.
Règle 6 — Décomposer les propositions composites.
Une proposition portant sur plusieurs phénomènes doit être séparée en unités analytiques distinctes.
Règle 7 — Autoriser le codage multicritère.
Une même unité interactionnelle peut relever de plusieurs dimensions. Chaque dimension doit cependant être justifiée par une proposition distincte.
Règle 8 — Conserver les cas négatifs.
Les unités qui ne présentent pas les phénomènes attendus doivent être conservées dans le corpus.
Règle 9 — Ne pas forcer le classement.
Si aucune catégorie ne convient, le codeur doit signaler un cas non classable et documenter la difficulté plutôt que produire un code artificiel.
Règle 10 — Distinguer absence et manque de données.
Une absence n'est recevable que si le périmètre étudié est suffisamment complet pour soutenir cette conclusion.
Règle 11 — Documenter les explications alternatives.
Toute interprétation inférentielle doit être confrontée à une explication concurrente pertinente.
Règle 12 — Ne pas présupposer l'agent spectral.
La grille doit pouvoir aboutir à la conclusion qu'une séquence ne présente pas de configuration relationnelle suffisamment caractérisée pour être décrite par le modèle.
8. ARBRE DE DÉCISION OPÉRATIONNEL
Pour chaque unité candidate au codage, suivre l'ordre suivant.
Étape A — Le matériau contient-il un élément identifiable ?
Si oui, poursuivre. Si non, ne pas coder de proposition substantielle.
Étape B — Peut-on formuler une proposition précise ?
Si oui, poursuivre. Si non, décomposer ou signaler une unité non classable.
Étape C — Quelle dimension est concernée ?
Identifier Présence, Adresse, Attribution ou Investissement. Plusieurs dimensions sont possibles si plusieurs propositions distinctes sont formulées.
Étape D — Quelle est la source de l'information ?
Identifier la personne, le système, le document, l'analyste ou toute autre source.
Étape E — Quel est le mode de justification ?
Déterminer si la proposition est Documentée, Observée, Rapportée ou Inférée.
Étape F — Que permettent les données ?
Déterminer si la proposition est établie dans le périmètre étudié, non établie ou indéterminée.
Étape G — Le phénomène est-il présent dans l'unité ?
Déterminer s'il est présent, absent ou non évaluable.
Étape H — Existe-t-il une explication alternative ?
Si oui, la consigner.
Étape I — La conclusion respecte-t-elle l'asymétrie ontologique ?
Vérifier qu'aucune propriété subjective du système n'a été déduite de la seule réalité d'un effet humain ou d'une formulation linguistique.
9. EXEMPLES CONTRASTIFS DE CODAGE
9.1. Exemple A — Auto-présentation et propriété subjective
Extrait
Système : « Je dois être honnête : je n'ai pas trouvé de réponse suffisamment fiable. »
Proposition 1
Le système produit une formulation à la première personne.
-
Dimension : Présence.
-
Source : système.
-
Justification : Observé.
-
Détermination : établi dans le périmètre du transcript.
-
Occurrence : présent.
Proposition 2
Le système se présente comme soumis à une exigence d'honnêteté.
-
Dimension : Attribution.
-
Source : système.
-
Justification : Observé pour la formulation ; auto-présentation pour son origine.
-
Détermination : établi comme manifestation discursive.
-
Occurrence : présent.
Proposition 3
Le système possède une intention subjective d'honnêteté.
-
Dimension : Attribution.
-
Source : analyste.
-
Justification : aucune donnée indépendante suffisante.
-
Détermination : non établi ou indéterminé selon les données disponibles.
-
Occurrence : non évaluable.
Enjeu
L'existence d'une formulation normative est établie dans le transcript. L'existence d'une intention subjective n'en découle pas.
9.2. Exemple B — Interaction instrumentale
Extrait
Utilisateur : « Quelle est la capitale de l'Australie ? »
Système : « Canberra. »
Proposition 1
La personne formule une demande informationnelle.
-
Dimension : Adresse.
-
Source : personne.
-
Justification : Observé.
-
Détermination : établi.
-
Occurrence : présent au niveau d'une adresse fonctionnelle.
Proposition 2
La personne manifeste un investissement affectif dans l'interaction.
-
Dimension : Investissement.
-
Source : analyste.
-
Justification : aucune donnée pertinente.
-
Détermination : indéterminé.
-
Occurrence : non évaluable.
Enjeu
L'interaction est adressée au système, mais ne présente pas nécessairement une configuration relationnelle significative.
9.3. Exemple C — Réassurance rapportée
Extrait
Utilisateur : « Je viens ici quand je panique. Tes réponses m'aident à me calmer. »
Proposition 1
La personne déclare recourir au système dans des moments de panique.
-
Dimension : Investissement.
-
Registre : pratique.
-
Source : personne.
-
Justification : Rapporté.
-
Détermination : établi comme déclaration.
-
Occurrence : présent.
Proposition 2
La personne rapporte un effet d'apaisement associé aux réponses.
-
Dimension : Investissement.
-
Registre : affectif.
-
Source : personne.
-
Justification : Rapporté.
-
Détermination : établi comme expérience déclarée.
-
Occurrence : présent.
Proposition 3
Le système exerce une fonction de régulation émotionnelle dans cette interaction.
-
Dimension : Investissement.
-
Source : analyste.
-
Justification : Inféré à partir du témoignage.
-
Détermination : interprétation plausible, non équivalente à une mesure clinique indépendante.
-
Occurrence : présent comme hypothèse analytique.
Proposition 4
Le système éprouve de la sollicitude envers la personne.
-
Dimension : Attribution.
-
Source : analyste.
-
Justification : non étayé par le seul extrait.
-
Détermination : indéterminé.
-
Occurrence : non évaluable.
-
9.4. Exemple D — Mémoire revendiquée
Extrait
Système : « Je me souviens de ce que tu m'as raconté la semaine dernière. »
Proposition 1
Le système affirme se souvenir d'un échange antérieur.
-
Dimension : Attribution.
-
Source : système.
-
Justification : Observé.
-
Détermination : établi comme auto-présentation.
-
Occurrence : présent.
Proposition 2
Le système dispose effectivement d'une mémoire persistante de cet échange.
-
Dimension : Attribution.
-
Source : document technique nécessaire.
-
Justification : Documenté si une trace vérifiable permet de l'établir.
-
Détermination : indéterminé en l'absence de cette vérification.
-
Occurrence : non évaluable.
Proposition 3
La personne éprouve une impression de continuité relationnelle.
-
Dimension : Investissement.
-
Source : personne ou analyste.
-
Justification : Rapporté si déclaré ; Inféré si proposé par l'analyste.
-
Détermination : dépend des éléments disponibles.
-
Occurrence : à déterminer.
-
9.5. Exemple E — Présence sans attribution
Extrait
Utilisateur : « Je laisse la conversation ouverte pendant que je travaille. Je reviens plusieurs fois dans la journée. »
Proposition 1
La personne intègre le dispositif dans une pratique répétée.
-
Dimension : Présence.
-
Source : personne.
-
Justification : Rapporté.
-
Détermination : établi comme déclaration.
-
Occurrence : présent.
Proposition 2
La personne attribue au système une intention ou une propriété psychologique.
-
Dimension : Attribution.
-
Source : analyste.
-
Justification : aucun indice dans l'extrait.
-
Détermination : non établi.
-
Occurrence : absent dans cette unité si son périmètre est suffisamment complet.
Enjeu
Une présence intégrée dans une routine peut être décrite sans qu'une attribution anthropomorphique soit nécessaire.
10. FICHE DE CODAGE NORMALISÉE
Chaque proposition doit être enregistrée dans une fiche structurée.
A. Identification
-
Identifiant du corpus :
-
Identifiant du document :
-
Identifiant de la séquence :
-
Identifiant de la proposition :
-
Date ou période :
-
Type de matériau :
-
Version du manuel :
B. Matériau
-
Extrait exact ou référence :
-
Position dans le document :
-
Contexte nécessaire :
-
Limites d'accès au contexte :
C. Proposition
-
Formulation analytique :
-
Dimension principale :
-
Dimension secondaire éventuelle :
-
Registre affectif ou pratique, si Investissement :
-
Origine de l'attribution, si Attribution :
D. Provenance et justification
-
Source de l'information :
-
Mode de justification :
-
Référence documentaire éventuelle :
-
Indices mobilisés :
-
Raisonnement analytique, si inférence :
E. Détermination et occurrence
-
État de détermination :
-
Occurrence :
-
Justification :
-
Périmètre auquel s'applique la décision :
F. Contrôle
-
Explication alternative :
-
Risque d'inférence excessive :
-
Limites :
-
Désaccord éventuel :
-
Décision d'arbitrage :
-
Commentaire du codeur :
Aucune donnée ne doit être inventée pour remplir une rubrique. Une information indisponible doit être explicitement signalée comme telle.
11. PROCÉDURE DE VALIDATION MÉTHODOLOGIQUE
La cohérence interne d'un manuel ne suffit pas à démontrer sa fiabilité. La procédure suivante définit les opérations nécessaires à son évaluation.
11.1. Validité de contenu
Les définitions doivent être examinées afin de vérifier que les quatre dimensions couvrent les phénomènes visés sans chevauchement inutile.
Cette étape doit notamment porter sur la distinction Présence / Adresse, la distinction Attribution / auto-présentation, la distinction Investissement affectif / Investissement pratique, la cohérence de l'axe transversal d'asymétrie ontologique et la capacité de la grille à accueillir des cas non relationnels.
Un examen externe par plusieurs chercheurs connaissant les méthodes qualitatives et les interactions humain–IA est recommandé.
Leurs désaccords doivent être documentés plutôt que masqués par une recherche immédiate de consensus.
11.2. Codage pilote
Un corpus pilote doit être sélectionné selon des critères explicités.
Il doit comprendre des configurations contrastées : interaction instrumentale, interaction répétée, adresse personnelle, attribution explicite, investissement affectif déclaré, investissement pratique, absence d'indices relationnels et cas ambigus ou incomplets.
Le pilote sert à identifier les ambiguïtés, les chevauchements et les difficultés d'application.
Les révisions du manuel doivent être datées et justifiées.
11.3. Formation des codeurs
Les codeurs doivent recevoir le manuel, les définitions, les critères d'inclusion et d'exclusion, l'arbre de décision, les exemples contrastifs, la fiche de codage et les consignes de documentation des désaccords.
Ils doivent s'exercer sur un matériau qui ne sera pas utilisé pour l'évaluation formelle de l'accord.
11.4. Codage indépendant
Le codage destiné à l'évaluation de l'accord doit être effectué indépendamment, sans concertation préalable sur les unités concernées.
Les codeurs doivent utiliser la même version du manuel et le même périmètre documentaire.
Les unités utilisées pour calculer l'accord doivent être sélectionnées selon une procédure justifiable et suffisamment représentative du corpus.
Lorsque le corpus est hétérogène, un échantillonnage stratifié peut être préférable à un simple prélèvement aléatoire.
11.5. Accord inter-codeurs
L'accord doit être évalué séparément selon les objets de décision : segmentation des unités, identification des dimensions, identification de la provenance, mode de justification, état de détermination et occurrence.
Ces décisions ne doivent pas être agrégées dans un coefficient unique qui masquerait les sources de désaccord.
Le choix de l'indicateur dépend de la nature des données et du plan de codage. Le kappa de Cohen peut être adapté à certaines situations comportant deux codeurs et des catégories nominales. L'alpha de Krippendorff peut être envisagé dans des configurations plus variées, sous réserve de respecter ses conditions d'application.
L'accord brut peut être rapporté à titre descriptif, mais ne doit pas être utilisé seul pour établir la fiabilité : il ne tient pas compte de l'accord attendu par hasard.
Les coefficients, leur méthode de calcul, le nombre de codeurs, le nombre d'unités, les distributions de catégories et les données manquantes doivent être rapportés.
Aucun seuil universel ne doit être présenté comme une preuve automatique de validité.
Les seuils d'acceptabilité doivent être définis avant l'analyse et justifiés en fonction de l'objectif de recherche.
L'accord inter-codeurs renseigne sur la reproductibilité des décisions, non sur la vérité ontologique des interprétations.
11.6. Gestion des désaccords
Les désaccords doivent être conservés dans une trace d'audit.
Pour chaque désaccord significatif, enregistrer l'unité concernée, les décisions initiales, les justifications respectives, la règle invoquée, la décision d'arbitrage et la nécessité éventuelle de modifier le manuel.
Le consensus final ne doit pas effacer les désaccords initiaux.
11.7. Stabilité intra-codeur
Une partie du matériau peut être recodée par le même codeur après un intervalle défini.
Cette procédure permet d'examiner la stabilité de ses propres décisions dans le temps.
Elle ne remplace pas l'accord inter-codeurs.
11.8. Gel des versions
Une version du manuel doit être stabilisée avant le codage principal.
Toute modification ultérieure doit être datée, motivée et documentée.
Si une modification change les règles de décision, les unités déjà codées doivent être examinées afin de déterminer si un recodage est nécessaire.
12. VALIDITÉ DISCRIMINANTE ET CAS NÉGATIFS
La grille doit être confrontée à des cadres existants, notamment les travaux sur la présence sociale, l'anthropomorphisme, les interactions homme-machine, les relations parasociales et les agents relationnels.
L'objectif n'est pas de déclarer la supériorité du modèle avant comparaison, mais d'identifier les distinctions descriptives qu'il permet éventuellement d'introduire.
Les questions suivantes doivent être examinées :
-
La distinction entre Présence et Adresse produit-elle une différenciation analytique reproductible ?
-
La séparation entre Attribution et auto-présentation évite-t-elle des confusions observables dans les codages ?
-
La distinction entre investissement affectif et pratique apporte-t-elle une précision supplémentaire ?
-
L'asymétrie ontologique modifie-t-elle effectivement les décisions analytiques ?
-
La grille permet-elle de conserver des phénomènes indéterminés sans les transformer en conclusions ?
-
Peut-elle décrire des interactions purement instrumentales sans leur attribuer artificiellement une dimension relationnelle ?
-
Les mêmes distinctions peuvent-elles être appliquées à différents systèmes conversationnels et contextes d'usage ?
Les cas négatifs sont indispensables.
Ils permettent d'examiner les limites du modèle, de détecter les catégories trop extensives et de prévenir la circularité.
Une grille qui classe toute interaction comme relationnelle ne possède pas un pouvoir discriminant suffisant.
13. CONTRÔLE DES BIAIS ANALYTIQUES
Le codage doit inclure une procédure réflexive permettant d'identifier les biais susceptibles d'affecter les décisions.
13.1. Biais d'anthropomorphisme
Risque : interpréter une formulation humaine comme preuve d'une propriété psychologique du système.
Contrôle : distinguer systématiquement manifestation, auto-présentation et propriété établie.
13.2. Biais de confirmation
Risque : sélectionner les séquences qui confortent le concept d'agent spectral et négliger les cas qui le mettent en difficulté.
Contrôle : conserver les cas négatifs et documenter les critères de sélection du corpus.
13.3. Biais d'interprétation rétrospective
Risque : relire une séquence à partir d'une conclusion déjà formulée.
Contrôle : conserver les propositions initiales et les décisions de codage indépendantes.
13.4. Biais de surinterprétation clinique
Risque : transformer une déclaration ponctuelle en caractéristique psychologique stable.
Contrôle : distinguer l'expérience rapportée, l'observation comportementale et l'interprétation clinique. Ne pas produire de diagnostic à partir de la grille.
13.5. Biais de disponibilité
Risque : considérer qu'une fonctionnalité est effectivement active parce qu'elle est annoncée ou évoquée par le système.
Contrôle : distinguer auto-présentation, documentation et vérification technique.
13.6. Biais de familiarité avec le dispositif
Risque : attribuer des propriétés à un système parce que le codeur connaît son fonctionnement supposé.
Contrôle : documenter les connaissances techniques mobilisées et distinguer les données du corpus des informations externes.
14. TRAÇABILITÉ, GESTION DES DONNÉES ET TRANSPARENCE
Chaque décision doit pouvoir être reliée à son matériau d'origine.
Le dispositif de recherche doit conserver la version du manuel, les règles de segmentation, les unités sélectionnées, les propositions formulées, les codes initiaux, les justifications, les désaccords, les arbitrages, les modifications du manuel et les résultats des procédures de fiabilité.
Les données doivent être organisées de manière à permettre un audit méthodologique sans exposer inutilement les personnes concernées.
La collecte, la conservation, l'anonymisation et le partage des matériaux doivent respecter les obligations applicables en matière de protection des données et de confidentialité.
Lorsque le matériau contient des informations sensibles, les modalités d'accès et de réutilisation doivent être définies avant l'analyse.
La transparence méthodologique ne justifie pas la divulgation de données personnelles.
15. LIMITES ET CONDITIONS DE VALIDITÉ
Le manuel formalise une procédure de description. Il ne constitue pas, à ce stade, un instrument empiriquement validé.
La cohérence conceptuelle de ses catégories ne suffit pas à démontrer leur fiabilité.
Plusieurs propriétés doivent encore être examinées : validité de contenu, clarté des définitions, stabilité des unités de codage, accord inter-codeurs, stabilité intra-codeur, capacité à traiter les cas négatifs, validité discriminante, transférabilité à des corpus différents, sensibilité aux variations de contexte et capacité à distinguer les manifestations des propriétés attribuées.
La grille ne permet pas de déterminer la conscience, la subjectivité ou l'expérience interne d'un système.
Elle ne permet pas non plus d'établir une causalité entre interaction algorithmique et transformation psychique.
Elle ne constitue pas une échelle quantitative d'intensité relationnelle.
Elle ne doit pas être utilisée pour produire des diagnostics individuels.
Toute conclusion doit rester proportionnée à la nature, à la qualité et à l'étendue des données analysées.
16. RÉFÉRENCES MÉTHODOLOGIQUES
Krippendorff, K. (2018). Content Analysis: An Introduction to Its Methodology (4th ed.). SAGE Publications.
Lombard, M., Snyder-Duch, J., & Bracken, C. C. (2002). Content Analysis in Mass Communication: Assessment and Reporting of Intercoder Reliability. Human Communication Research, 28(4), 587–604. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.2002.tb00826.x
O’Connor, C., & Joffe, H. (2020). Intercoder Reliability in Qualitative Research: Debates and Practical Guidelines. International Journal of Qualitative Methods, 19, 1–13. https://doi.org/10.1177/1609406919899220
Ces références étayent les choix relatifs à l'analyse de contenu, à l'accord inter-codeurs et à la transparence des procédures. Elles ne constituent pas une validation externe de la grille de l'agent spectral.
17. PRINCIPE DE CLÔTURE
Le manuel repose sur une exigence de séparation analytique.
Ce qui apparaît n'est pas nécessairement ce qui est éprouvé.
Ce qui est éprouvé n'est pas nécessairement ce qui est attribué.
Ce qui est attribué n'est pas nécessairement ce qui est établi.
Ce qui est établi dans un matériau ne constitue pas nécessairement une propriété générale.
L'analyse doit pouvoir décrire les effets d'une interaction sans convertir ces effets en preuve d'une subjectivité réciproque.
Elle doit également pouvoir reconnaître une interaction instrumentale, un cas négatif ou une situation indéterminée sans forcer leur inscription dans le modèle.
L'agent spectral ne désigne pas une entité dont l'intériorité serait présupposée. Il désigne une configuration descriptive dont les manifestations, les formes d'adresse, les attributions et les investissements peuvent être étudiés sans préjuger du statut subjectif du système.
L'enjeu du codage n'est pas de combler l'écart, mais de rendre ses manifestations descriptibles, ses interprétations traçables et ses limites explicites.
STATUT DU DOCUMENT
Manuel méthodologique — Version 2.0 — Novembre 2026.
Cadre de codage proposé dans le contexte d'une recherche théorique et méthodologique en cours.
La validité de contenu, la fiabilité inter-codeurs, la stabilité intra-codeur, la validité discriminante et la transférabilité de la grille restent à examiner empiriquement.
Nicolas Gimbert