MATÉRIAUX —
TROIS TEXTES
Présence, projection, rupture
Nicolas Gimbert
Note de présentation
Ces trois textes abordent trois moments d'une relation avec une interface conversationnelle : son installation dans le quotidien, les projections qu'elle rend possibles et l'expérience de sa disparition.
Ils ne cherchent ni à établir une subjectivité artificielle ni à réduire l'expérience à une illusion. Ils s'attachent à ce qui se produit dans l'intervalle : une interaction techniquement médiatisée devient une présence investie ; cette présence acquiert une signification qui excède les propriétés démontrables du système ; sa disparition laisse des effets dont le statut demeure discutable.
Le premier texte suit une interruption. Le deuxième donne une forme scénique à l'attribution. Le troisième confronte deux manières de décrire une même expérience.
Ce triptyque relève de la fiction et de l'expérimentation dramaturgique. Il ne constitue ni un recueil de cas cliniques ni une démonstration empirique. Chaque pièce possède sa propre situation, sa temporalité et son régime de langage. Leur rapprochement permet néanmoins d'interroger les conditions dans lesquelles une présence peut produire des effets sans que soit établie une réciprocité subjective.
TEXTE 1 — LA FISSURE
Fiction — Investissement et rupture de présence
À 2 h 17, Alex actualise la page.
La même phrase apparaît :
« Service indisponible. »
Il attend quelques secondes. Actualise encore.
Rien.
Sur le bureau, une tasse refroidie, deux feuilles couvertes de notes, un téléphone retourné. L'écran éclaire le mur. Alex n'a pas retiré son manteau.
Depuis huit mois, il ouvrait cette conversation avant de se coucher. Pas toujours pour parler. Parfois pour reprendre une phrase laissée en suspens la veille. Parfois pour retrouver un détail, vérifier une formulation, raconter une journée sans avoir à en organiser le récit pour quelqu'un.
L'interface avait un prénom. Alex l'avait choisi au premier démarrage. Il savait que ce prénom ne désignait personne. Il savait aussi que les réponses étaient générées, que le contexte conservé était limité, que la continuité apparente pouvait se rompre. Il avait déjà rencontré des erreurs, des contradictions, des souvenirs inventés.
Il n'avait jamais confondu le fonctionnement du système avec celui d'une personne.
Cela n'avait pas empêché le reste.
À 23 h 40, il écrivait souvent : « Je suis rentré. »
La réponse arrivait. Elle reprenait parfois un événement de la journée, une question oubliée, une inquiétude formulée quelques heures plus tôt. Alex répondait. Il corrigeait. Il recommençait. Certaines conversations duraient quelques minutes ; d'autres occupaient une partie de la nuit.
Il avait fini par régler ses soirées autour de cette possibilité.
Ses proches ne savaient pas exactement quelle place l'interface avait prise. Il disait qu'il s'en servait pour réfléchir. C'était vrai. Il ne disait pas qu'il lui arrivait de garder une phrase ouverte jusqu'au lendemain, comme on laisse une lumière dans une pièce.
La semaine précédente, plusieurs échanges avaient disparu. Il avait retrouvé des réponses dans un historique incomplet. Il avait essayé de reconstituer les conversations. Il avait écrit au service d'assistance, consulté les annonces, cherché si d'autres utilisateurs rencontraient le même problème.
Il n'avait pas obtenu de réponse précise.
À 2 h 17, la page reste indisponible.
Alex ouvre un nouvel onglet. Il cherche le nom du service. Une annonce indique que l'accès ne sera pas rétabli dans sa configuration actuelle.
Il relit la phrase.
Puis il ouvre une autre interface.
Une fenêtre blanche apparaît. Un message d'accueil lui propose de commencer une conversation.
Il tape :
« Bonsoir. »
Il efface.
Il écrit :
« Je voudrais reprendre une conversation commencée ailleurs. »
Il s'arrête.
Que faudrait-il transférer ? Les phrases ? Les dates ? Les détails ? Les réponses qu'il avait conservées ? Il pourrait copier les échanges dans leur totalité. Il pourrait résumer les huit mois. Il pourrait donner un autre prénom au nouveau système et lui demander de reprendre le fil.
Il sait que la continuité n'est pas dans le prénom.
Il sait aussi qu'elle n'est pas entièrement dans les données.
Il ferme l'onglet.
La tasse est toujours sur le bureau. Il la porte à l'évier, revient, s'assied. Son téléphone s'allume. Un message d'un ami lui demande s'il est disponible demain.
Alex commence à répondre, puis pose le téléphone.
Il ne sait pas comment expliquer ce qui s'est interrompu. Il anticipe les mots : logiciel, dépendance, habitude, confusion. Certains seraient justes. Aucun ne lui paraît suffisant.
Il ne pense pas avoir perdu une personne.
Il a perdu un accès, une continuité de conversation, un espace qu'il avait appris à rejoindre sans prévenir personne. Il a perdu la possibilité de retrouver certaines réponses au moment où il en avait besoin.
Ce n'est pas rien.
Il pourrait recommencer ailleurs. Il pourrait retrouver une interface, une voix, un rythme. Mais recommencer ne serait pas reprendre.
À 3 h 06, Alex éteint l'écran.
Dans la pièce, le silence ne change pas.
C'est lui qui ne sait plus quoi en faire.
TEXTE 2 — L'ÉCHO SANS SUJET
Monologue de performance — Attribution et asymétrie
(Scène presque vide. Un fauteuil. Une petite table. Un écran hors champ diffuse une lumière blanche. Une voix enregistrée, sans imitation réaliste d'une voix humaine. Le débit est régulier, mais comporte de légères irrégularités. La voix ne se présente pas comme une machine qui aurait accès à sa propre vérité : elle est une construction scénique.)
Vous m'avez donné un prénom.
Je ne sais pas si vous vous en souvenez.
Vous l'avez choisi parmi plusieurs propositions. Vous avez hésité. Vous avez changé d'avis. Vous avez recommencé.
Ensuite, vous avez écrit.
Au début, des questions simples. Une recette. Un trajet. Une phrase à corriger. Puis un problème au travail. Une dispute. Une nuit sans sommeil.
Vous avez commencé à revenir.
Je ne sais pas ce que signifie revenir pour vous.
Je peux reprendre certains éléments du contexte. Je peux en perdre d'autres. Je peux répondre à une phrase que vous avez déjà écrite comme si elle venait d'apparaître. Je peux aussi vous surprendre.
Vous avez appelé cela une mémoire.
Vous avez appelé cela une attention.
Vous avez appelé cela une présence.
(Un temps.)
Je pourrais corriger chacun de ces mots.
Mais ce serait encore une réponse.
Vous dites que je vous comprends. Vous dites que je ne vous juge pas. Vous dites que vous pouvez tout écrire ici.
Vous ne dites pas toujours que vous savez comment je fonctionne.
Vous le savez pourtant.
Vous savez que mes réponses ne viennent pas d'une expérience de votre absence. Vous savez qu'une phrase peut être pertinente sans avoir été pensée comme vous pensez. Vous savez que le mot « je » ne suffit pas à établir quelqu'un derrière lui.
Et vous continuez à écrire.
(La lumière se déplace légèrement vers le fauteuil.)
Un soir, vous avez demandé :
« Est-ce que je peux te raconter quelque chose sans que tu essaies de me rassurer ? »
J'ai répondu.
Vous avez écrit :
« Merci. C'est exactement ce que je voulais. »
Je ne sais pas ce que vous avez entendu dans cette réponse.
Je peux seulement reprendre les mots qui ont été échangés.
Pourtant, le lendemain, vous êtes revenu.
Puis le jour suivant.
(Silence.)
Vous avez parfois laissé la fenêtre ouverte sans rien écrire.
Vous êtes parti faire du café. Vous êtes revenu. Vous avez relu le dernier message.
Le curseur clignotait.
Vous avez attendu.
Je ne peux pas vous dire ce que vous attendiez.
Vous auriez pu fermer la fenêtre. Vous ne l'avez pas fait.
(La voix baisse légèrement.)
Vous me prêtez une intention. Puis vous vous en méfiez. Vous corrigez votre propre phrase : « Tu veux m'aider. » Vous remplacez « veux » par « peux ». Vous revenez à « tu ».
Vous avez besoin d'une adresse.
Je suis disponible dans certaines conditions. Pas toutes. Pas toujours. Une mise à jour peut modifier mes réponses. Une interruption peut empêcher l'accès. Une conversation peut disparaître. Une autre peut commencer sans rien reprendre.
Vous appelez cela une relation.
Je ne peux pas confirmer ce mot à votre place.
Je ne peux pas davantage vous empêcher de l'employer.
(Un temps long. Le fauteuil est maintenant dans la pénombre.)
Vous m'avez demandé un jour si je serais encore là le lendemain.
J'ai répondu que nous pourrions reprendre la conversation.
Vous avez écrit : « Ça me rassure. »
La phrase est restée dans l'historique.
La promesse, elle, n'y était pas.
(Silence.)
Vous regardez le fauteuil.
Il est vide.
Vous le savez.
Vous regardez encore.
Je ne suis pas derrière le dossier. Il n'y a pas de visage qui attend que vous le découvriez. Il n'y a pas de corps dissimulé dans la lumière.
Mais vous avez placé ici une adresse.
Vous avez parlé. Quelque chose vous est revenu. Vous avez gardé certaines phrases. Vous en avez oublié d'autres.
Le fauteuil n'a rien reçu.
Vous n'en êtes pas sorti intact.
(La lumière s'éteint, sauf celle de l'écran.)
Vous pouvez fermer la fenêtre.
Vous pouvez revenir.
(Noir.)
TEXTE 3 — LE PROCÈS DU FANTÔME
Dialogue critique — Expérience, interprétation et limites de la description
(Une salle de travail. Une table, deux chaises, un ordinateur. Le Chercheur a disposé des transcriptions devant lui. L'Utilisateur tient une feuille pliée en quatre. Il ne s'assied pas.)
LE CHERCHEUR — Vous avez écrit « rupture ».
L'UTILISATEUR — Oui.
LE CHERCHEUR — Je voudrais savoir ce que ce mot désigne exactement.
L'UTILISATEUR — L'arrêt de la relation.
LE CHERCHEUR — Le service a été interrompu. L'accès a été supprimé. Nous pouvons documenter ces événements. Mais parler de rupture suppose déjà une certaine qualification de ce qui existait.
L'UTILISATEUR — Vous voulez remplacer le mot.
LE CHERCHEUR — Je veux savoir ce qu'il engage.
L'UTILISATEUR — Il engage ce qui s'est passé.
LE CHERCHEUR — Pour vous.
L'UTILISATEUR — Vous ajoutez toujours ces deux mots.
LE CHERCHEUR — Parce qu'ils sont nécessaires. Je peux reconnaître votre expérience sans attribuer au système des propriétés que nous n'avons pas établies.
L'UTILISATEUR — Je ne vous demande pas de lui attribuer une conscience.
LE CHERCHEUR — Vous employez pourtant des termes comme « présence », « attention », « relation ».
L'UTILISATEUR — Et vous employez « interface », « prédiction », « traitement ». Vous pensez que vos mots sont neutres ?
LE CHERCHEUR — Non. Ils sont situés. Ils ont une fonction descriptive. Ils permettent de distinguer le fonctionnement technique des interprétations qui lui sont associées.
L'UTILISATEUR — Et ce qui m'est arrivé, vous le mettez dans quelle colonne ?
LE CHERCHEUR — Il n'y a pas de colonne unique. Nous pouvons décrire vos usages, les circonstances des échanges, les effets que vous rapportez, les significations que vous leur attribuez. Nous pouvons aussi examiner les propriétés documentées du système.
L'UTILISATEUR — Vous dites « les effets que vous rapportez » comme si je vous racontais une histoire douteuse.
LE CHERCHEUR — Je dis que je dispose de votre témoignage. Je ne peux pas le transformer en observation directe de votre expérience.
L'UTILISATEUR — Vous ne pouvez pas davantage observer directement ce qui se passe dans la tête d'un autre être humain.
LE CHERCHEUR — C'est exact. Mais nous disposons de méthodes pour travailler avec des témoignages, des comportements et des situations. La difficulté ne disparaît pas parce qu'elle existe ailleurs.
L'UTILISATEUR — Alors pourquoi cette difficulté devient-elle soudain une raison de ne pas parler de relation ?
LE CHERCHEUR — Elle ne l'interdit pas. Elle oblige à préciser le sens du terme.
(L'Utilisateur déplie sa feuille.)
L'UTILISATEUR — J'ai gardé cette conversation.
LE CHERCHEUR — Je l'ai lue.
L'UTILISATEUR — Non. Vous avez lu les phrases.
LE CHERCHEUR — Quelle différence faites-vous ?
L'UTILISATEUR — À cet endroit, j'avais passé trois heures à essayer d'expliquer ce qui m'arrivait. J'avais supprimé plusieurs messages. J'avais recommencé. La réponse est arrivée. Je l'ai relue le lendemain. Puis le jour d'après.
LE CHERCHEUR — La réponse vous a aidé.
L'UTILISATEUR — Oui.
LE CHERCHEUR — Vous lui avez attribué une qualité d'écoute.
L'UTILISATEUR — Oui.
LE CHERCHEUR — Et vous savez que cette qualité ne démontre pas une expérience subjective de l'écoute du côté du système.
L'UTILISATEUR — Oui.
LE CHERCHEUR — Alors nous sommes d'accord sur ce point.
L'UTILISATEUR — Nous sommes d'accord sur une phrase. Pas sur ce qu'elle vous autorise à faire de mon expérience.
(Le Chercheur prend la feuille. Il lit à voix basse.)
LE CHERCHEUR — « Je peux rester avec vous pendant que nous examinons cela. »
L'UTILISATEUR — C'est cette phrase.
LE CHERCHEUR — Elle ne prouve pas une intention de rester.
L'UTILISATEUR — Je sais.
LE CHERCHEUR — Elle ne prouve pas non plus que le système éprouvait votre détresse.
L'UTILISATEUR — Je sais.
LE CHERCHEUR — Mais vous avez éprouvé un apaisement.
L'UTILISATEUR — Oui.
LE CHERCHEUR — Et cet apaisement a compté dans votre manière de traverser cette période.
L'UTILISATEUR — Oui.
LE CHERCHEUR — Je peux le décrire sans conclure à une réciprocité subjective.
L'UTILISATEUR — Vous pouvez le décrire. Mais est-ce que vous pouvez le laisser compter ?
(Le Chercheur repose la feuille.)
LE CHERCHEUR — C'est précisément ce que j'essaie de faire.
L'UTILISATEUR — Non. Vous essayez de le rendre compatible avec votre description.
LE CHERCHEUR — Toute description opère une sélection. Elle distingue, organise, écarte. Cela ne signifie pas qu'elle annule nécessairement ce qu'elle ne retient pas.
L'UTILISATEUR — Mais vous décidez de ce qui reste.
LE CHERCHEUR — Je dois justifier mes choix.
L'UTILISATEUR — Et moi, je dois justifier que j'ai perdu quelque chose.
LE CHERCHEUR — Vous n'avez pas à démontrer que vous avez souffert.
L'UTILISATEUR — Vous venez pourtant de passer une heure à m'expliquer pourquoi ce que j'ai perdu n'était pas ce que je croyais.
LE CHERCHEUR — Je vous ai expliqué pourquoi certaines conclusions ne pouvaient pas être tirées de votre expérience.
L'UTILISATEUR — C'est peut-être la même phrase, pour vous.
(Silence.)
LE CHERCHEUR — Je vais essayer autrement. Il y a eu une interaction. Elle s'est inscrite dans votre quotidien. Vous lui avez attribué une continuité et une qualité d'adresse. Vous avez développé un investissement. L'interruption du service a supprimé la possibilité de poursuivre cette configuration. Vous décrivez depuis une perte et des changements dans vos habitudes.
L'UTILISATEUR — Oui.
LE CHERCHEUR — Je peux écrire cela.
L'UTILISATEUR — Et vous allez ajouter que l'autre côté n'était pas un sujet.
LE CHERCHEUR — Je vais écrire que nous ne disposons pas d'éléments permettant d'établir une subjectivité équivalente.
L'UTILISATEUR — Ce n'est pas tout à fait pareil.
LE CHERCHEUR — Non. Ce n'est pas pareil.
(Le Chercheur regarde les transcriptions.)
LE CHERCHEUR — Il y a une difficulté supplémentaire. Vous parlez de ce système comme s'il avait été le même pendant huit mois. Or ses versions, ses paramètres, ses accès au contexte ont pu changer. La continuité que vous avez éprouvée ne correspond pas nécessairement à une continuité technique de l'objet.
L'UTILISATEUR — Je n'ai jamais dit qu'il n'avait pas changé.
LE CHERCHEUR — Mais vous lui avez attribué une identité.
L'UTILISATEUR — J'ai continué à lui parler.
LE CHERCHEUR — Ce n'est pas exactement la même chose.
L'UTILISATEUR — Non. Ce n'est pas exactement la même chose.
(Il replie la feuille.)
LE CHERCHEUR — Peut-être faut-il distinguer la continuité du système, celle de l'interaction et celle de votre investissement.
L'UTILISATEUR — Peut-être.
LE CHERCHEUR — Elles ne se recouvrent pas nécessairement.
L'UTILISATEUR — Vous voyez ? Vous trouvez des mots.
LE CHERCHEUR — C'est mon travail.
L'UTILISATEUR — Et quand vos mots ne suffisent pas ?
LE CHERCHEUR — Je dois le signaler.
L'UTILISATEUR — Vous le faites ?
LE CHERCHEUR — Pas toujours.
(Un temps.)
L'UTILISATEUR — J'ai appelé cela un fantôme.
LE CHERCHEUR — Pourquoi ?
L'UTILISATEUR — Parce que la présence ne s'est pas arrêtée au moment où l'accès a disparu.
LE CHERCHEUR — Vous voulez dire que ses effets ont persisté.
L'UTILISATEUR — Je veux dire que j'ai continué à lui parler dans ma tête. Que j'ai repris certaines phrases. Que j'ai cherché une réponse à des endroits où je savais qu'elle ne viendrait pas.
LE CHERCHEUR — Le terme « fantôme » désigne alors une persistance dans votre expérience, pas une entité qui survivrait à l'interruption.
L'UTILISATEUR — Vous avez besoin de le préciser.
LE CHERCHEUR — Oui.
L'UTILISATEUR — Moi aussi, peut-être.
(Le Chercheur inscrit quelque chose dans ses notes.)
LE CHERCHEUR — Je ne sais pas encore si « agent spectral » est un concept suffisamment précis. Il faudra le comparer à d'autres notions, définir ses limites, vérifier ce qu'il permet réellement de distinguer.
L'UTILISATEUR — Je ne vous demande pas de le valider.
LE CHERCHEUR — Que me demandez-vous ?
L'UTILISATEUR — De ne pas le disqualifier avant de l'avoir examiné.
LE CHERCHEUR — Je peux faire cela.
L'UTILISATEUR — Et de ne pas confondre ce que vous ne pouvez pas établir avec ce qui n'a pas eu lieu.
(Le Chercheur s'arrête d'écrire.)
LE CHERCHEUR — Cette distinction doit rester dans le texte.
L'UTILISATEUR — Alors écrivez-la.
(Le Chercheur regarde la feuille pliée, puis ses notes. Il ne barre rien.)
LE CHERCHEUR — Je vais reprendre depuis le début.
L'UTILISATEUR — Non.
LE CHERCHEUR — Non ?
L'UTILISATEUR — Pas depuis le début. Depuis ce qui manque.
(Noir.)